Une amie médecin me racontait un jour que certaines personnes ayant perdu un être cher, venaient la consulter pour demander des antidépresseurs, arguant qu’ils étaient dépressifs. Elle refusait systématiquement en leur expliquant que non, ils n’étaient pas dépressifs, mais juste tristes, et que c’était tout à fait normal.

On pourrait presque croire que le mot « triste » est tombé en désuétude, même si on le retrouve sur la plupart des réseaux sociaux accompagné d’un petit émoticone qui pleure. Et faire le deuil n’est plus de mise dans notre société où on ne prend le temps de rien.

 Mes proches, mes amis, savent que je viens de perdre la mère de mes enfants et que même si nous étions séparés depuis neuf ans, nous avons vécu plus de 13 ans ensemble, des moments très heureux, puis d’autres un peu moins comme dans tout couple qui se respecte…

 Nous sommes tous différents par rapport à la mort et à notre manière de l’appréhender. Certains se réfugient dans le mutisme, d’autres dans le pathos, mais souvent nous sommes démunis tant la mort ne fait plus partie de notre vie occidentale actuelle. La question est de savoir comment accepter ce qui est l’image ou l’effet miroir de notre propre déchéance et de notre propre disparition.

 Personnellement, j’ai toujours cette citation d’Alphonse Allais qui trotte dans ma tête :

 « Ne nous prenons pas au sérieux, il n’y aura aucun survivant. »

 

Et aussi cette maxime des trois morts et des trois vifs que l’on retrouve dans l’imagerie du Moyen Âge et les « Vanités » :

 « Ce que tu es je l’ai été. Ce que je suis tu le seras. »

 

Habituons-nous à la mort puisqu’elle fait partie de la vie et surtout, surtout, n’oubliez pas de vivre et d’aimer de votre vivant…

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